Imprimer

Steve Coleman

on .

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

steve colemanNé à Chicago, Coleman s'installa à New York en 1978. Malgré la formation de nombreux groupes durant sa carrière, son groupe principal Steve Coleman and Five Elements débute en 1981 et est toujours actif aujourd'hui.

Il est l'un des fondateurs du mouvement M-Base, famille spirituelle autour du concept de jouer sans bornes préétablies, de façon créative et enrichie de l'expérience venue du peuple "African-Américan" autant que de la diaspora Africaine. Il a dirigé plusieurs groupes et a enregistré massivement.

Initialement influencé par les saxophonistes Charlie Parker, Sonny Rollins, John Coltrane, la légende de Chicago Von Freeman et Bunky Green, Coleman a joué et enregistré avec Thad Jones, Sam Rivers, le batteur Doug Hammond, Cecil Taylor, Abbey Lincoln et Dave Holland. Il a également incorporé de nombreux éléments folkloriques de la Diaspora africaine, fusionnés avec des idées musicales influencées par d'anciens concepts métaphysiques. Il a déclaré que son souci principal est l'utilisation de la musique en tant que langague de symboles sonores, utilisé pour exprimer la nature de l'existence de l'Homme.

Le travail de Coleman dans les années 1990, comme par exemple Black Science est inhabituel dans sa métrique indéfinie. Il demande à chaque musicien de jouer dans une métrique différente, généralement, elle-même irrégulière comme du 7/4 ou du 11/4. La musique en resultant a un feeling funk, mais avec une liberté mélodique, harmonique et rythmique. Cette ressemblance altérée avec la musique pop a amené à Coleman de nouveaux publics qu'il ne répugnait pas à chercher, comme le décrit une interview dans Downbeat Magazine où il se cite lui-même répondant au propriétaire d'un club qui voulait du punk (ou un autre style à la mode) "C'est ce que nous jouons". Le point culminant de cette période, le disque The Tao of Mad Phat (fringe zones), enregistré en studio et en public, se rapproche du funk par l'utilisation d'une métrique régulière tout en gardant un aspect mélodique et harmonique très imaginatif propre à Coleman.

Coleman n'est pas d'accord pour l'utilisation de catégories pour la description de la musique. En particulier, il n'utilise pas le terme de Jazz. Préférant une approche plus organique de la musique, il utilise le terme composition spontanée. Selon Coleman cela prolonge le travail des musiciens d'autrefois, qui ont essayés d'exprimer par leur musique les différentes visions de la réalité qu'ils perçoivent. Et c'est pour lui la force conductrice de beaucoup de 'soi-disant' innovations dans la musique (et par la même dans d'autre domaines). Il estime que les différents outils et domaines de recherche que l'on utilise (physique, métaphysique, nombres, langage, musique, danse, astronomie etc.) sont tous en relation et présentent un corps holistique de travail. Les différentes formes que sa musique revet ne sont pas seulement inspirées intuitivement, mais intuitivement et logiquement déterminées par la perception humaine du "Grand Travail" (c-a-d la création de la Nature par l'Esprit Universel). Bien que ceci puisse sembler un but de grande envergure, il a occupé les esprits des Hommes pendant des millénaires.steve coleman


Steve Coleman apprend également la programmation informatique pour que l'ordinateur lui serve d'outil dans sa musique. Il élabore un programme, The Improviser, qui permet de développer des improvisations et des rythmes de batterie en utilisant l'intelligence artificielle fondée sur certaines de ses théories musicales. Au même moment, Coleman étudie la philosophie des cultures anciennes. Il a voulu relier ces deux centres d'intérêt. Ce qui l'a amené à voyager au Ghana, à Cuba, au Sénégal, en Egypte et en Inde pour effectuer des recherches et mettre en place des collaborations. En 1997, il reçoit le Art's International Grant pour travailler au Sénégal. Ses voyages lui ont déjà fourni de nouveaux matériaux pour continuer à exprimer sa propre musique, que l'on peut notamment entendre dans son dernier enregistrement avec les Five Elements The Sonic Langage of Myth.

 

L'une des première méthode que Coleman utilise pour créer sa musique est liée à deux concepts : La Géométrie Sacrée (l'utilisation de formes pour exprimer symboliquement des principes naturels), et l'Energie (le potentiel de changement et le changement lui-même du phénomène physique, métaphysique, et psychique, dont la Vie, la Croissance, etc). Coleman utilise divers types de structures musicales pour symboliser la Géométrie Sacrée et des types particuliers de mouvements musicaux pour faire référence aux différents stades de l'Energie. Dans tout évenement, le concept de Changement semble être le point central de sa théorie. Selon lui, c'est le Changement entre les différentes stuctures musicales qui est important et non pas les sructures elles-mêmes. En cela, il contredit de nombreuses théories musicales actuellement enseignées. Coleman pense que c'est à travers la composition spontanée que ces idées peuvent être le mieux exprimées, sans se soucier des apparences stylistiques extérieures. Une de ses expressions est : "c'est le mouvement qui est important".

Ces idées, bien que rares, ne sont pas nouvelles dans la musique. Des musiciens de toutes cultures ont travaillé sur ces concepts comme le décrivent de récents écrits sur la musique. Des musiciens célèbres comme Jean-Sébastien Bach, Béla Bartók et John Coltrane ont partagé les mêmes idées.