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La trompe de chasse

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Premièrement la trompe de chasse est à distinguer du cor de chasse de par son utilisation:

  • La trompe de chasse est accordée en ré, par sa longueur (4 m 545), son utilisation (chasse à courre, musicalement en groupe de trompes ou autres instruments jouant dans cette tonalité). Elle doit son nom à Philidor qui l'appela ainsi en 1705. Le tempo musical est principalement en 6/8 et les liaisons sont tayautées.
  • Le cor de chasse est accordé en mi bémol et n'est pas utilisé à la chasse mais en musique militaire. La différence visible est la coulisse d’accord (petit tube intérieur modifiant la tonalité), sur la branche d’embouchure. Le tempo musical semblerait principalement 2 ou 4 temps.

trompe de chasse

Historique:

      -Au moyen âge

 

Avant de se servir d'un instrument pour exciter les chiens ou pour appeler ses compagnons de chasse, l'homme se contentait nécessairement de sa voix : cris, appel, huées, plus ou moins scandés, plus ou moins modulés ont constitué la première musique de chasse.

Au Moyen Âge, on appelait trompeors les sonneurs de trompe ou de trompette, qui furent baptisés par la suite trompeurs en France et trompetters en Belgique. Le cor a servi au Moyen Âge à corner guerre comme corner menée à la chasse ; dans le château on cornait le jour, l’eau, l’assiette, etc.

Les cors monotones variaient les sons avec des mots courts et des mots longs, et ceux qui avaient plusieurs notes sonnaient du grêle ou du gros ton. En 1730, le marquis de Dampierre disait indifféremment cor ou trompe, et cela changea seulement avec d’Yauville qui n’employa plus que l’expression trompe pour désigner la trompe de Lebrun, modèle 1729, aujourd’hui la Dampierre.

 

   -Les trompes de l’époque de Louis XIV (1680-1722)

 

La trompe à un tour et demi comporte deux modèles, le modèle de 1680 et celui de 1689.

Le premier fut utilisé tout d’abord par la Vénerie de Louis XIV en 1680. C’est une trompe circulaire à un tour et demi de 0,48 m de diamètre, de 2,27 m de longueur déployée. Cette trompe est en ut majeur. Les tubes ont 12 millimètres de diamètre et le pavillon 14 centimètres et demi de diamètre, le tour est renforcé par une bordure en cuivre montrant une "guirlande" ou "dentelle" en creux, le tout est surmonté de petits ornements représentant un coquillage en plein, caractéristique de l’époque de Louis XIV. L’extrémité du premier tube se termine dans un manchon, dans lequel s’encastre une branche d’embouchure mobile à laquelle l’embouchure était alors soudée. A cette époque, on ne connaissait pas encore bien le repoussage au tour, ni le planage, que Raoulx allait bientôt inventer. Cette trompe est martelée à la main, tous les coups de marteau se voient.

Le second modèle de trompe est de 1689. Il présente les modifications suivantes: le manchon a été supprimé ; la branche d’embouchure est soudée au premier tube et est maintenue par un tenon, de même que le pavillon ; l’embouchure n’est plus soudée à la branche d’embouchure, elle est mobile ; le pavillon a 0,22 m de diamètre.


- Les trompes de l’époque Louis XV (1722-1818)

 

Le premier modèle du marquis de Dampierre fait son apparition officielle en août 1723. Il a 4,05 m de longueur déployée et 0,72 m de diamètre environ. Cette trompe en ré est fort douce à sonner, mais très embarrassante à tenir, vu son énorme diamètre, qui a rapidement provoqué son remplacement.

 

trompe dampierre de 1723

 

Le second modèle est celui de 1729 et il a subi de grandes modifications ; la longueur déployée est de 4,545 m et elle est enroulée à deux tours et demi. Le diamètre est d’environ 0,60 m. Lebrun, fournisseur du Roi, a lancé cette trompe en 1729 au moment de la naissance du Dauphin et l’a baptisée pour cette raison La Dauphine.

Ce modèle a été utilisé jusqu’en 1814, mais il a reçu en 1831 la dénomination de trompe "Dampierre" ou "à la Dampierre".

La même longueur de tube fut roulée à trois tours et demi vers 1818 et reçut le nom de trompe d’Orléans, à la suite d’une commande de quarante trompes faite par le fils de Louis-Philippe. Ce modèle fut exécuté par Raoulx et son successeur. Notons cependant que son pavillon a été perfectionné par un ouvrier nommé Périnet, qui a découvert par des essais successifs quel était le modèle le plus favorable à l’émission du son (1855).

 

 

Récapitulatif: les différentes trompes 

 

NomLongueurEnroulement
La "Dampierre"4,545 m1 tour et demi
La "Dauphine" (1729)4,545 m2 tours et demi
La "d'Orléans" (1818)4,545 m3 tours et demi

 

Description 

 

Les facteurs de trompe, peu nombreux, travaillent principalement de manière artisanale, martelant à la main des feuilles de laiton et de cuivre d'une épaisseur allant jusqu'à 1/8ème mm. Sans entrer dans les détails de fabrication, on distingue 3 types de trompe (lourde, semi-légère et légère), notamment en fonction de l'épaisseur des feuilles de métal utilisées.

L'usage de fines feuilles confère à une trompe légère les propriétés suivantes : légèreté, clarté du son, facilité à être sonnée mais aussi fragilité. Quant au débit d'air absorbé par la trompe, il dépend du diamètre du diabolo (ou grain) situé dans le tube d'embouchure (ou cheminée), à environ 10 cm de son extrémité.

L’intérieur du pavillon est généralement de couleur noire (utilisation de mine de plomb) pour éviter au sonneur d’éblouir les cavaliers et leurs montures.

 

description de la trompe de chasse

 

Dans un groupe, tous les sonneurs utilisent le même instrument, mais le grain de l'embouchure peut varier. Ayant pour rôle de comprimer l'air à son arrivée dans l'instrument, celui-ci varie de 0,5 à 3,5, le plus utilisé étant le 1,0 (chant). Les caractéristiques d'une embouchure dépendent du fabricant, du matériau utilisé (argent, cuivre, maillechort...), du grain (les embouchures de basse possèdent un grain plus large [2,0 à 3,5] et un calice plus évasé que celles de chant, permettant d'atteindre les notes graves avec plus d'aisance), et du bord du calice plus ou moins fin (dit "coupant").

L'usage d'un bord coupant a été adopté pour que l'embouchure ne glisse pas sur les lèvres des cavaliers, qui doivent avoir une grande souplesse sur les étriers et incliner légèrement la tête sur le côté afin d'éviter les coups de tête du cheval. La majorité des sonneurs ne sont donc pas concernés et, malgré les importantes pressions développées, cette tradition n'est pas nécessairement justifiée. Néanmoins, les sonneurs semblent tenir à ce type d'embouchure, différenciant la trompe des autres cuivres.