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Philippe Gaubert

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Philippe Gaubert est né le 5 juillet 1879 à Cahors.Philippe Gaubert

Son père, cordonnier, mais fondu de musique, pratiquant lui-même la clarinette dans des ensembles de bal, décida en 1888 de "monter à Paris", afin que ses enfants deviennent musiciens. Il y décédera malheureusement quelques années plus tard, laissant sa famille à la charge du jeune Philippe, qui n'avait pas encore treize ans.

Celui-ci se mit alors à gagner sa vie en jouant du violon dans l'orchestre d'un cinéma de quartier. Cependant, c'est en l'entendant jouer de la flûte que le père de Paul Taffanel, alors le plus grand flûtiste de la scène parisienne, s'étonne des dons de l'enfant et décide de lui donner gracieusement des cours. Il le présente enfin à son fils, qui le prendra dans sa classe au Conservatoire de Paris. Il y obtiendra en 1894, âgé de 15 ans, un brillant premier prix, tout en travaillant le violon chez Garcin, instrument qu'il joue comme remplaçant dans l'orchestre de l'Opéra.

L'année suivante, Taffanel le fera nommer "première flûte solo" dans le même orchestre, avènement d'une immense carrière de virtuose. Il continuera toutefois ses études au Conservatoire, en classe d'harmonie puis de composition, qui le conduiront à l'obtention d'un premier prix de fugue et contrepoint en 1903 et enfin au second Grand prix de Rome en 1905. Entre-temps, Philippe Gaubert avait entamé presque par hasard sa carrière de chef d'orchestre.

En effet, en 1904, poussé par Taffanel, il se présente au concours organisé pour le poste de second chef de la Société des Concerts du Conservatoire, alors qu'il n'avait jamais dirigé ! Un programme difficile, au cours duquel son interprétation du Final de la IXe symphonie de Beethoven fut si enthousiasmante qu'il obtint le poste avec une très forte majorité des voix. Il avait vingt-cinq ans... Au retour de la Guerre, en 1919, il succède à André Messager à la tête de la Société des Conservatoires, poste qu'il ne quittera qu'en 1938.

Cette même année le voit aussi devenir professeur de flûte au Conservatoire de Paris, fonction qu'il abandonnera en 1931 pour reprendre la classe de direction d'orchestre laissée vacante par la mort de Vincent d'Indy. En 1920, il est nommé premier chef à l'Opéra, dirige Faust pour la première fois le 19 septembre. Sa carrière à l'Opéra sera brillante : chef de la Musique en décembre 1931, Directeur le 1er juin 1939. Toutes ces années conna”tront de nombreuses créations: Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, Oedipe d'Enesco, Daphnis et Chloé de Ravel, Oriane de Schmitt, Médée de Milhaud, ainsi que des "premières" créations françaises, comme Turandot ou Elektra de Richard Strauss.

La 200ème représentation du Faust de Gounod, le 31 décembre 1934 sera l'un des événements marquants de l'histoire de l'Opéra, Philippe Gaubert ayant notamment réussi à obtenir des principaux solistes de l'époque qu'ils rejoignent le choeur pour chanter avec lui "Gloire immortelle de nos aïeux", étonnant clin d'oeil au passé de la prestigieuse maison. Sa carrière sera récompensée plusieurs fois par les autorités : nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1921, il sera promu officier en 1928 et Officier de l'Instruction Publique en 1929. Son activité de chef d'orchestre et de virtuose (quoiqu'il arrête pratiquement de jouer de la flûte en 1922) ne doit pas faire oublier que Philippe Gaubert fut aussi compositeur, père de nombreuses oeuvres écrites ou commencées le plus souvent lors des périodes de repos estivales.

C'est ainsi qu'il a laissé beaucoup de musique pour un instrument et piano ou orchestre, dont bien sûr de nombreuses pièces pour flûte. Chef d'orchestre renommé, il prêta aussi une grande attention à la musique orchestrale, empruntant rarement le chemin de la symphonie traditionnelle pour prendre celui du tableau ou du poème symphonique, avec des pièces aux noms évocateurs tels Le Cortège d'Amphitrite, Inscriptions pour les portes de la Ville ou Les chants de la Mer. Il n'a pas oublié non plus la scène, avec Sonia, drame lyrique en trois actes et Naïla, Conte lyrique en trois actes, une musique de scène pour l'Antigone de Sophocle et quatre ballets, Philotis, Fresque, Alexandre le Grand et Le Chevalier et la Demoiselle, ballet chorégraphié par Serge Lifar et représenté avec succès en 1941, à la veille du décès brutal et inattendu de Philippe Gaubert. Enfin, grand amoureux de la voix, il a aussi composé près de 90 mélodies.